mercredi 26 février 2014

III. L'époque contemporaine : le renouveau des paradis artificiels




Cette troisième grande partie va aborder des effets de modes qui ont vu le jour en grande partie grâce aux paradis artificiels. Nous verrons aussi quelles sont les nouvelles addictions ayant découlées de l'évolution de nos sociétés.



1. Les effets et contre-effets de mode des drogues :

         
         De notre temps, l'émergence de nouveaux modes de consommation a donné naissance à des mouvements intimements liés à ceux-ci. La mouvance hippie en est un parfait exemple. Cette dernière prônait la paix dans le monde ainsi que le rapprochement de l'homme avec la nature, notamment avec la consommation de drogue et l’acquisition d'un nouveau mode de vie. La période du mouvement hippie fut,  dans l'histoire moderne occidentale, le moment où la consommation de drogue a atteint son apogée en particulier avec les hallucinogènes et la marijuana.






         Dans les concerts hippies, des stupéfiants étaient distribués, parfois gratuitement, dans le cadre de la contestation de l'ordre social. C'est l'anti-conformisme et le désir d'être en communion avec la nature de ce mouvement qui a permis à la marijuana d'y trouver un écho favorable. Elle y était considérée comme un cadeau divin. Plusieurs autres drogues ont aussi trouvé une résonance dans ce mouvement, notamment le LSD, qui entraîne des hallucinations extrêmement puissantes chez le consommateur même avec de faibles doses. La prédisposition à la consommation de produits psychotropes s'explique par le fait que l'idée d'atteindre un paradis artificiel était plus que présente dans la mouvance hippie.
    Le mouvement hippie consommait également de l'ecstasy. La MDMA ou ecstasy, a été brevetée en 1913 par la société chimique allemande Merck. Elle a été testé comme sérum de vérité dans l'armée américaine. L'ecstasy gagne en popularité comme drogue à usage récréatif dans les années 1980 lors des soirées "rave". La première rave party a eu lieu aux Pays-Bas en 1987 et les manifestations du genre ont connu une popularité croissante. Les raves ont lieu souvent dans des entrepôts ou d'autres grandes salles, ou encore en plein air. Elles sont devenues monnaie courante pour un grand nombre de jeunes en France, qui y dansent toute la nuit au son de la musique house ou techno.
         Bien qu'elle a la réputation, parmi les utilisateurs d'être sans danger, l'ecstasy a des effets que l'on croit bénéfiques lors de sa prise mais qui en réalité sont très dangereux. En effet, on observe une augmentation de la confiance en soi et une impression de puissance caractérisée par une hyperactivité, qui peut entraîner de nombreuses complications, notamment lorsqu'il faut prendre le volant


    L.Edeleano
         Lors de ces fameuses raves, un autre produit psychotrope est aussi consommé en grande quantité : il s'agit de l'amphétamine. Celle ci est synthétisée par le chimiste allemand L. Edeleano en 1887 ainsi que son dérivé la méthamphétamine . L'amphétamine est commercialisé comme médicament notamment pour lutter contre les troubles du sommeil. Cependant, son utilisation est détournée et elle sera utilisée pendant la seconde guerre mondiale par les soldats pour rester éveillés. Cet effet d'hyperactivité rend cette drogue très populaire dans les années 50. Cependant, ces sentiments sont souvent de courte durée, et cèdent la place à des sentiments d’agressivité, d’anxiété, de dépression et de paranoïa une fois que la drogue commence à s’estomper. Cette drogue a retrouvé un certain effet de mode avec le succès de la série « Breaking Bad »





    Image de la célèbre série Breaking bad

         Aujourd'hui, lors des soirées où sont consommées l'ecstasy et les amphétamines, l'alcool est aussi consommé en très grande quantité. Les jeunes sont particulièrement sensibles à l’alcool et la consommation d’alcool menace plus gravement leur santé que celle des adultes. En effet, les organes des jeunes ne sont pas encore définitivement formés et le foie élimine donc moins bien l’alcool. Les effets de l'alcool sont aujourd'hui mis au clair, l'ivresse alcoolique est caractérisée par trois phases successives typiques : une phase d'excitation, un état d'ébriété auquel succède un état de dépression pouvant évoluer vers le coma.




    La phase d’excitation : Le sujet perd toute appréciation objective des situations et prend des risques inconsidérés.

    La phase d'ébriété : Le sujet se démarque des autres par sa démarche instable, un comportement étrange et confus ainsi qu'une perte marquée des inhibitions.

    La phase dépressive : Le sujet entre dans un état de somnolence marqué. Celui ci peut conduire à un coma qui est dit éthylique. Le sujet est plongé dans un très profond sommeil caractérisé par des pupilles dilatées, des vomissements ainsi qu'une absence totale de réaction face aux différentes stimulations.

         La surconsommation d'alcool a provoqué pendant un temps, une période d'interdiction très connue en Amérique appelé période de prohibition. Avec la révolution industrielle et la paupérisation de masse de la population américaine, l'idée d'un monde sans drogues, sans crimes et sans violence avait refait surface aux États-Unis. Ainsi fût interdit la vente d'alcool à plus de 0,5 degrés. Malgré cela, la consommation d'alcool a continué à prospérer, le commerce étant tombé entre les mains d'organisations criminelles. L'alcool frelaté fit de très nombreuses victimes : plus de 30 000 morts et des centaines de milliers de mal-voyant. De nos jours, le poids financier du lobby de la drogue est une menace permanente pour l’état qui craint la corruption. La prohibition est aujourd’hui toujours active mais dans une autre mesure. Elle lutte contre tout les produits stupéfiants classés comme étant nuisibles pour la société.




    Les Hommes demandant de l'alcool pendant la période de Prohibition



    2. Nouvelles dépendances


         D’après la définition qui a été donnée précédemment, une addiction est en premier lieu caractérisée par un besoin compulsif, voir frénétique de consommer une substance.
    Comme nous allons le voir, ces besoins de consommation peuvent être retrouvés avec n'importe quelle substance et même avec certains comportements.


         Pour commencer, les addictions touchant le plus de personnes sont celles qui sont rattachées à un objet électronique connecté. En effet d’après certains chiffres environ 5,1 milliards de personnes posséderaient un téléphone dont un milliard serait un smartphone. Des millions de consoles ont aussi été vendues et les réseaux  sociaux font partie intégrante de la vie de millions de personnes. Environ 500 millions de personnes utilisent Twitter et 1 milliard sont inscrites sur Facebook.
    Ces nouvelles technologies ont facilité et changé la vie de leurs utilisateurs. Comme la définition d'un smartphone nous le dit , un smartphone est un « outil multitâches portable ». En effet avec leurs applications et leur connectivité, ils se rapprochent d'un véritable ordinateur.
    Mais par la suite des dérives sont apparues et c'est de la que l'on a pu parler d’addictions notamment par le fait que les utilisateurs ont du mal à s'en séparer et que cela a donc modifié leurs relations avec leur entourage.
    Par exemple 60% des utilisateurs de téléphone portable dormiraient avec, et 15% d’entre eux auraient même interrompu leurs « relations sexuelles » pour répondre au téléphone.
    Les jeux vidéo et les réseaux sociaux ont les mêmes effets car les smartphones permettent de réaliser toutes ces activités quasi-simultanément sur le même écran.









         Une étude Allemande s’est intéressée aux addictions de 205 personnes âgées de 18 à 85 ans Ces dernières devaient prendre note à chaque fois qu’une envie “irrésistible” les prenaient de consulter un réseau social, fumer une cigarette, boire de l’alcool ou encore d’avoir des relations sexuelles.
    Ce qui ressort de cette étude, c’est que l’addiction aux réseaux sociaux s’est révélée plus forte que les autres. Il est donc beaucoup plus difficile de se passer de ses activités sur les réseaux sociaux, que de fumer, boire ou de faire l’amour.
    Comme le montre cette information du New York Magazine , l'addiction aux réseaux sociaux commence à être prise au sérieux même par les proches des dirigeants des principaux réseaux sociaux.
    Randi Zuckerberg, la sœur de Mark Zuckerberg.


    Randi Zuckerberg explique les dangers que provoquent l'abus de l'utilisation d'Internet et critique l'addiction aux réseaux sociaux, relate le New York Magazine
    Ainsi les effets de ces dépendances ont pour conséquences :

    - l'appauvrissement de la vie sociale
    - des perturbations dans la vie affective et sexuelle
    - le décrochage scolaire ou professionnel
    - le manque de sommeil

    Et dans des cas extrêmes : l'obésité , la myopie , et le suicide peuvent survenir. (Par exemple en Chine la jeunesse devient de plus en plus myope a cause de longues heures passées par jour devant des écrans)
         Nous pouvons constater les conséquences de ses dépendances par le biais du témoignage d’un lycéen de 18 ans : "Il y a environ 2 ans, j'ai rompu avec une fille dont j'étais réellement amoureux. Devoir changer d'établissement et me retrouver seul avec la déprime dans la tête a fait que je me suis investi dans le monde du jeu vidéo. Jouant de plus en plus, j'ai voulu opter pour un PC gamer à Noël 2011 et plus les mois passaient, plus je me renfermais sur moi-même. A l'heure actuelle, j'ai 18 ans, je passe environ 99 heures par semaine devant un écran (travail + loisirs y compris), je me couche à des heures impossibles (parfois 3 heures ou 5 heures du matin pour me lever à 6h30) et je peux le dire avec certitude, j'ai une dépendance aux jeux vidéo, j'ai besoin de ma "dose", je ne fais que ça, je ne parle plus que de ça, je ne rêve plus que de ça. Depuis quelques temps je trouve mon comportement assez alarmant, j'essaye de changer, j'essaye de sortir plus souvent mais en vain."

         Comme on peut le voir des individus recherchent maintenant des solutions pour décrocher de leur outils électroniques.
        
         Certains professeurs ont observés aussi d'autre fait intéressants , Setsuko Tamura, professeur de psychologie appliqué à l’université de Tokyo Seitoku, observe ainsi que « les étudiants d’aujourd’hui sont très mauvais à lire les expressions faciales ». Pour le chercheur, cité par le Wall Street Journal, lorsque l’on passe plus de temps à envoyer des SMS à des gens au lieu de leur parler, « vous ne pouvez pas apprendre à lire le langage non verbal ».
         On peut dire que dorénavant notre voisin n’est plus celui qui se tient a coté de nous mais plutôt celui de l’autre coté de notre écran, qu’il soit au Canada ou en Chine .




         Après ces addictions électronique a échelles mondiales, d'autres addictions touchent plus personnellement chaque personnes de manière individuelle.
    Elles sont dans les faits , semblables aux autres addictions. Elles ont juste des particularités plus prononcées.
    Celles dont on parle le plus souvent sont celles liées aux jeux d'argent ou aux achats compulsifs mais aussi celles liées à l'alimentation. « Certaines personnes pensent que les aliments riches en matières grasses ou en sucre ont un pouvoir addictif, ce qui inciterait les consommateurs à manger de manière excessive et favoriserait l’obésité. Faut-il dans ce cas considérer les denrées alimentaires de la même manière que l’alcool et la cigarette ? Ou s’agit-il plus simplement d’une confusion entre « addiction », « impulsion alimentaire » et « troubles du comportement alimentaire » »
    Ces addictions sont qualifiées comme étant des troubles de l'habitude et de l'impulsion. Les achats impulsifs et les jeux d'argent entraînent en plus une dépense excessive d'argent ce qui entraîne le consommateur dans une spirale infernale ou l'argent devient véritablement un argument pour continuer de satisfaire ses pulsions. Pour les jeux d'argent les dits « accro » ont des idées erronées de leur comportement. Cela leur donne donc de faux arguments leurs permettant de nier leur dépendance.




    L'illusion de contrôle : le joueur ne se rend pas compte qu'il est dépendant et croit qu'il peut arrêter a tout moment, ce qui n'est pas le cas.

    L'effet Monte-Carlo ("gamblers fallacy") : le joueur pense que ces probabilités de gain augmentent a chaque jeux. Ce qui n'est mathématiquement pas correct.


    Chez les acheteurs compulsifs le besoin d'acheter est psychologiquement très important. Même s' il peut lui faire perdre énormément d'argent car ces achats ne lui permettent pas de faire du profit. Cela a aussi des conséquences sur la vie familiale et sociale. La personne se sent vitalement liée au fait d'acheter malgré les conséquences économiques et elle perd donc tout contrôle sur son comportement d'achat. De plus l'acheteur compulsif va en plus présenter des troubles de l'humeur , de l’anxiété et du comportement alimentaire.
         Ensuite dans les addictions alimentaires on trouve deux types de comportements : la boulimie et l'anorexie. Cependant ces troubles correspondent plus à un trouble psychique.
    L'anorexie se caractérise par l’absence d'envie de manger et le plaisir d'avoir faim. La boulimie est plutôt le fait de perdre le contrôle de l'ingestion et de manger de grande quantité pour ensuite vomir.
    Ces troubles ont diverses origines :






    • Héritabilité génétique
    • Trouble de l'attachement
    • Trouble développé à la suite de traumatismes, d'événements de vie aux conséquences négatives.

         A coté de ces deux comportements il y en a un qui peut être rencontré plus facilement au cours de sa vie : c'est la frénésie alimentaire. C'est un comportement qui pousse à s'alimenter sans pouvoir se contrôler. Cette phase peut être suivie de boulimie. Elle est souvent provoquée inconsciemment pour surmonter des émotions trop fortes et des moments de stress intensif. Bien sur ce comportement est dangereux pour la santé car il dégrade l’hygiène alimentaire. Certains aliments sont aussi addictifs . Le chocolat fais partie de ces aliments qui peuvent induire une envie de consommation plus poussée. 
    Une étude américaine a prouvé que les « oreo » (voir photo ci-dessous) sont aussi addictifs que la cocaïne.


    Oreos avec un verre de lait

    Il existe aussi une addiction qui touche une partie non négligeable de la population mondiale : L'addiction aux sports.



         Elle est désormais reconnue par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). La bigorexie résume ce qu'est l’addiction au sport dont souffrent de nombreux athlètes professionnels et amateurs. De plus en plus de personnes sont touchées par cette addiction. A première vue cette addiction est bonne pour la santé et l’hygiène de vie. Mais à force elle peut avoir des effets contraire et elle peut donc être dangereuse pour la santé. Pour le sujet il y aura pour conséquence une baisse de beta-endorphines qui peut entraîner des troubles de l'humeur et du sommeil .
           Enfin on peut aussi parler d'addiction sexuelle dont voici les dérivations :
    " L’addiction sexuelle conduit à avoir une vie centrée sur celle-ci, en parallèle de la vie « normale »". Cette vie parallèle devient envahissante et de plus en plus importante. Elle peut amener à s’éloigner de ses amis, de son travail et de sa famille. Elle induit également une distorsion de la réalité, tous les comportements étant interprétés dans un sens sexuel »




    • addiction aux fantasmes sexuels
    • addiction à la conquête sexuelle
    • addiction au sexe inconnu
    • addiction au sexe tarifé
    • addiction au sexe monnayé
    • addiction au sexe voyeurisme
    • addiction au sexe exhibitionniste
    • addiction au sexe intrusif
    • addiction à l’échange sexuel violent
    • addiction au sexe désincarné
    • addiction à la pédophilie
    • addiction au cybersexe

    « Internet a facilité l’accès au sexe en ligne et l’addiction au cybersex fait partie des nouvelles addictions. »

    Comme les addictions dites comportementales (achats compulsifs, addiction aux jeux d’argent, et autres) l’hyper sexualité n’est pas considérée comme une maladie au sens clinique du terme mais comme un trouble obsessionnel compulsif

     Les scientifiques ont du mal à prouver l’efficacité des traitements sur l’addiction sexuelle. « Si c’était seulement une question d’hormones, ça ferait longtemps qu’il n’y aurait plus d’addiction sexuelle ! » comme la dit un célèbre médecin.

         Les personnes sont inégalement vulnérables à la dépendance sexuelle. " Quelqu’un qui a été abusé sexuellement dans son enfance, ou confronté à des images sexuelles très tôt sera plus vulnérable une fois adulte. Mais rien ne permet vraiment de prédire ce type de comportement », rappelle Laurent Karila , psychiatre"



         Pour conclure nous pouvons donc dire que toutes ces addictions sont dues à des phénomènes neurologiques liés a des neurotransmetteurs dont le principal concerné est la dopamine.
         S'en suive des phénomènes de manque, d'asociabilité, de pertes d'argent et de troubles du comportement. Certaines de ces addictions prennent une tournure plus psychologique que physique et sont donc considérés comme étant des troubles comportementaux plutôt que des addictions.



    Nous avons vu  les mouvements ainsi que les effets de mode, liés à la recherche d'un bonheur qui n'est qu'artificiel. Nous allons conclure nos recherches par un bilan général.

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